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Les syndromes apparentés

Il existe environ deux cents maladies génétiques du tissu conjonctif, dont certaines présentent des signes proches de ceux du syndrome de Marfan.

Il s’agit de formes incomplètes, qui ne recouvrent qu’en partie les symptômes du syndrome de Marfan et les personnes atteintes présentent alors un ou plusieurs critères communs avec ceux du syndrome de Marfan.

Pour aller plus loin, voir la vidéo du Professeur Laurence Faivre : généticienne au CHU de Dijon

Parmi les syndromes qui s’en rapprochent le plus :

FORMES "FRUSTES"

- Le syndrome de Loeys-Dietz


Les équipes du Professeur Boileau, en France, et de Dietz, à Baltimore, ont respectivement décrit en 2004 et 2005 l’implication de mutations des gènes codant pour les récepteurs au TGF-Bêta.

Les manifestations cliniques squelettiques sont proches de celles du syndrome de Marfan mais on relève en outre une luette bifide, une fente palatine, un écart interpupillaire anormalement marqué et une tortuosité artérielle généralisée dans le syndrome de Loeys-Dietz.

Des mutations identiques ont été rapportées dans des formes familiales d’anévrysmes de l’aorte ascendante.

L’atteinte artérielle semble parfois plus agressive dans ces formes que dans le syndrome de Marfan classique en rapport avec une mutation de la fibrilline 1.

Pour aller plus loin, voir la vidéo du Professeur Laurence Faivre : généticienne au CHU de Dijon

- Médianécrose kystique (maladie d’Erdheim)

Ce syndrome se caractérise par une altération de la couche moyenne (média) de la paroi des artères.

La perte des fibres élastiques est responsable d’une dilatation des segments artériels soumis aux plus fortes sollicitations mécaniques tels que l’aorte ascendante et est associée à un risque de dissection (clivage de la paroi).

La dissection peut cependant gagner une grande partie de l’aorte et s’étendre aux grosses artères du cou.
 

- Le prolapsus de la valve mitrale, ou syndrome de Barlow

La prévalence du prolapsus (protrusion) valvulaire mitral est relativement élevée dans la population générale.

La valve mitrale est composée de deux feuillets conjonctifs qui empêchent le reflux du sang du ventricule gauche vers l‘oreillette.

En cas de prolapsus, ces feuillets font protrusion dans l‘oreillette lors de la fermeture de la valve pendant l‘éjection du sang vers l‘aorte. Ce phénomène, bien que souvent symptomatique, est parfois associé à un pouls rapide ou irrégulier.

Le prolapsus valvulaire mitral peut être un phénomène familial isolé ou survenir dans le cadre du syndrome de Marfan.

On parle de syndrome de Barlow lorsque l’épaisseur de la valve est augmentée.

- Anomalies marfanoïdes du système ostéo-articulaire

Les atteintes ostéo-articulaires du syndrome de Marfan, parfois familiales, bien que ne faisant pas courir de risque vital, peuvent être la source d’inconfort, de douleurs et de handicaps importants.

On observe parfois chez certaines personnes des signes similaires mais sans atteinte aortique ou oculaire.

Il ne s’agit pas alors d’un syndrome en tant que tel, mais plutôt d’un mode d’expression particulier, généralement familial et héréditaire, pouvant être parfois aussi lié à des mutations du gène de la fibrilline 1 impliqué dans la plupart des cas de syndrome de Marfan (ou des mutations de la fibrilline 2).
 

- Le syndrome de Shprintzen-Goldberg

Il s’agit d’un syndrome extrêmement rare associant des signes marfanoïdes à une craniosynostose (fusion prématurée d’une ou de plusieurs sutures crâniennes).

Une mutation du gène FBN1 a été décrite dans quelques-uns de ces cas.

Le tableau clinique comprend des signes morphologiques de type Marfan, un handicap mental ainsi que des anomalies des os de la face (malformations cranio-faciales), du reste du squelette et du système cardio-vasculaire.

Pour aller plus loin, voir la vidéo du Professeur Laurence Faivre : généticienne au CHU de Dijon

 


 

SYNDROMES ASSOCIES

- Anévrismes de l’aorte et la dissection aortique

L’inexorable progression des anévrismes de l’aorte et la dissection aortique représentent les complications les plus redoutables du syndrome de Marfan.

Des dilatations analogues peuvent toutefois survenir en dehors de ce syndrome. Une prédisposition familiale est mise en évidence dans certains cas, indiquant de ce fait une origine génétique et donc une possibilité de transmission héréditaire.

- Luxation isolée du cristallin


Certains sujets ou familles, porteurs des mêmes mutations du gène de la fibrilline 1 associées au syndrome de Marfan, présentent – pour des raisons encore non élucidées – une luxation isolée du cristallin à l’exclusion de toute autre manifestation typique du Marfan.

La luxation du cristallin se rencontre par ailleurs dans le syndrome de Weill-Marchesani (également en rapport parfois avec une mutation de FBN1) et dans l’homocystinurie.

 

- L’homocystinurie


L’homocystinurie résulte d‘un trouble du métabolisme qu’une analyse de laboratoire (dosage de l’homocystéine) permet facilement de différencier du syndrome de Marfan.

Ce test devrait toujours être effectué en cas de suspicion de maladie de Marfan.

L’homocystinurie peut en effet s’exprimer par des anomalies morphologiques évoquant le syndrome de Marfan, une luxation du cristallin et un retard mental.

Cette maladie du métabolisme répond partiellement au traitement. Elle se transmet selon le mode récessif.

- Le pseudo-syndrome de Marfan, ou syndrome de Dinno Shearer Weisskopf

Il doit son nom à certains traits évoquant la maladie de Marfan, comme un palais ogival, des dents mal implantées, une arachnodactylie et une ectopie du cristallin.

S’y ajoutent des signes plus spécifiques, comme la macrocéphalie, parfois une fente du palais ou une voûte crânienne épaisse. Comme le syndrome de Marfan, cette maladie se transmet selon un mode autosomique dominant.

- Le syndrome de Beals


Bien qu’apparentée au syndrome de Marfan, la CCA (Arachnodactylie Congénitale avec Contractures) – ou syndrome de Beals – s’en distingue par ses aspects cliniques et pathologiques et tout particulièrement par l’existence caractéristique de contractures des membres.

Ces sujets présentent plusieurs particularités morphologiques évocatrices de la maladie de Marfan mais ils ne sont affectés ni de problèmes oculaires, ni de problèmes cardiaques et aortiques identiques.

Cette affection est liée à des mutations du gène FBN2 (chromosome 5). C’est de cette maladie dont souffrait Gabrielle, l’enfant décrite initialement par le docteur Marfan.

Pour aller plus loin, voir la vidéo du Professeur Laurence Faivre : généticienne au CHU de Dijon

La liste des syndromes plus ou moins «ressemblants» à celui de Marfan est nettement plus longue que présentée ici. Elle n’est d’ailleurs pas définitivement arrêtée. En effet, la plupart de ces syndromes sont définis selon des critères cliniques et la découverte des bases moléculaires et génétiques de ces maladies risque de bousculer quelque peu ce classement.

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