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Témoignage : Le sport vu par des professionnels de la santé

Témoignage : Le sport vu par des professionnels de la santé

Entretiens croisés avec le Pr François Carré, cardiologue et chef du service médecine du sport au CHU de Rennes Pontchaillou (35) et Madame Claire Gully-Lhonoré, psychologue du sport à Rennes (35).

MARFANS : QUELLE EST VOTRE POSITION VIS-À-VIS DE LA PRATIQUE SPORTIVE ?

PR FRANÇOIS CARRÉ : Il faut encourager la pratique d’une activité physique ou sportive d’une manière générale dans la population et cette recommandation est également valable pour les patients atteints par le syndrome de Marfan.

La sédentarité représente un risque bien plus grand pour la santé des populations dans leur ensemble (problèmes cardio-vasculaires, gastro-intestinaux, densité osseuse, perte de masse musculaire, dépression, dépendance) et le sport et les activités physiques ne sont pas interdits pour les patients porteurs du syndrome de Marfan.

Le sport en compétition peut clairement être risqué. Le sportif est dans l'obligation de performer, de se dépasser. Pour un patient Marfan, c’est difficilement envisageable. La pratique nécessite donc d'être adaptée aux signes cliniques éventuellement invalidants et réduite en intensité. C’est pourquoi, il est souvent impossible d’envisager la pratique d’un sport en compétition pour un patient Marfan.

En ce qui concerne les sports collectifs, ils sont également fortement déconseillés, tout d’abord pour les risques de chocs avec les autres coéquipiers dans les sports de ballon par exemple, mais surtout parce qu’en sport collectif, la performance individuelle ne peut pas être dosée. Là encore, le sportif est contraint d’être performant au sein de son équipe.

S’il ne l’est pas à 100 %, il sera vite exclu.

MME CLAIRE GULLY-LHONORÉ : J’ajoute à ce sujet que chez l’enfant, cela risque grandement de nuire à la construction de son image. Il va se sentir dévalorisé, exclu, différent. L’activité peut alors devenir un vecteur d’insatisfaction (exclusion, désocialisation, désillusion si on a autorisé l’enfant à pratiquer un sport qu’il est obligé d’abandonner par la suite). Quant à l’adulte à qui il va falloir interdire un sport qu’il pratique en compétition ou à haut niveau, l’image corporelle du corps outil, du corps tout puissant s’effondre et entraîne une perte de personnalité, de repères, une période de chaos.

Un travail similaire à celui du travail du deuil s'envisage par la verbalisation des émotions (stress, colère, anxiété…), et le recalage d’objectifs. C’est un vrai travail de reconstruction.

COMMENT CONCILIER RESTRICTION SPORTIVE ET ASPIRATION ?

PR F. CARRÉ : J’encourage dans les deux cas à travailler sur le « faire différemment ». Pour l’enfant, il conviendra d'instaurer un dialogue entre le médecin, les parents et lui-même et parfois le milieu scolaire. « J’essaie de réfléchir avec l’enfant et les parents à une activité réalisable en famille ».

MME CLAIRE GULLY-LHONORÉ : Il est important que l'enfant trouve sa place dans la sphère familiale, et le rôle des parents est essentiel. Il faut respecter son rythme et le valoriser. Surprotéger l’enfant risque d’entraîner une réaction de défi de sa part. L’enfant ne devrait pas être exclu des activités d’EPS en milieu scolaire. S’il n'est pas en mesure de tout faire au même rythme que les autres élèves, il peut faire différemment.

La vérité, personne ne l’a !

PR F. CARRÉ : Pour l’adulte, le « faire différemment » peut se traduire par une activité telle que la course à pied, qui pratiquée modérément et sous la supervision et les recommandations du médecin du sport, ne va pas entraîner de hausse de la tension artérielle par exemple. Là aussi, il faut un dialogue avec le patient et l'impliquer dans le suivi de son corps à l’effort, de la fréquence cardiaque, du souffle. Le but est d’intégrer la maladie dans son quotidien et de trouver une solution adaptée ensemble avec les malades, les enfants, les parents et les médecins. Mais je reconnais que les médecins sont parfois très, voire trop, techniques. Dans le contexte déjà difficile de l’annonce d’une maladie (qu’elle soit rare ou pas d’ailleurs) qui entraîne une perte de repères, une situation d’angoisse et la nécessité d’une adaptation aux changements induits, intégrer et favoriser une approche psychologique dans un suivi médical sportif paraît donc très bénéfique. Pensons-y !

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